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L’Afrique dit « non »
Ainsi donc, au grand dam de l’arrogante Europe, l’inimaginable s’est produit : dans un élan de fierté et de révolte, l’Afrique, que certains croyaient soumise parce qu’appauvrie, a dit « non ». Non à la camisole de force des accords de partenariat économique (APE). Non à la libéralisation sauvage des échanges commerciaux. Non à ces ultimes avatars du « pacte colonial ». Cela s’est passé à Lisbonne, en décembre dernier, lors du IIe sommet Union européenne - Afrique, dont l’objectif principal était de contraindre les pays africains à signer de nouveaux traités commerciaux (les fameux APE) avant le 31 décembre 2007, en application de l’accord de Cotonou (juin 2000), qui prévoit la fin de la convention de Lomé (1975). Selon celle-ci, les marchandises en provenance des anciennes colonies d’Afrique (et des Caraïbes et du Pacifique) entrent dans l’Union quasiment sans droits de douane, à l’exception de produits sensibles pour les producteurs européens comme le sucre, la viande et la banane. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a exigé le démantèlement de ces relations préférentielles, ou alors leur remplacement – seul moyen, selon l’OMC, de préserver la différence de traitement en faveur des pays africains – par des agréments commerciaux fondés sur la réciprocité (1). C’est cette seconde option qu’a retenue l’Union européenne, le libre-échange intégral camouflé sous l’appellation « accords de partenariat économique ».
Le rendez-vous des civilisations
Répondant à l’Américain Samuel Huntington qui a prédit une confrontation entre islam et Occident Courbage et Todd annoncent « Le rendez-vous des civilisations », aux éditions du Seuil Contrairement au « Choc des civilisations » et à l’inéluctable confrontation entre l’islam et l’Occident prédit par l’Américain Samuel Huntington, le démographe Youssef Courbage et l’historien Emmanuel Todd révèlent, dans « Le rendez-vous des civilisations », paru aux éditions du Seuil, qu’un puissant mouvement de convergences se profile à présent à l’échelle planétaire. Le monde musulman n’échappe pas à la règle. Du Maroc à l’Indonésie, de la Bosnie à l’Arabie saoudite, sa démographie en témoigne : hausse du niveau d’alphabétisation des hommes et des femmes, baisse de la fécondité, érosion de l’endogamie…
  Pourquoi Juan Carlos refuse-t-il d'entendre ce qu'a fait Aznar ?
Suite aux incidents survenus lors du XVIIème sommet hispano-américain, la complaisante presse espagnole s’est empressée d’attribuer la responsabilité de l’affrontement entre les représentants de l’Espagne et du Venezuela aux paroles du président vénézuélien, en passant sous silence le rôle obscur et grossier de Juan Carlos de Bourbon. Tous les journaux espagnols ont serré les rangs pour défendre la monarchie, amenant même les éditorialistes de « El País » à considérer que Juan Carlos de Bourbon « a rempli son rôle », bien qu’ils se contredisent plus tard en montrant leur préoccupation pour les incidents répétés qu’il provoque, montrant par là leur désir que « la personne du Roi ne devrait pas figurer davantage au premier plan politique ».
  L’immigré : l’éternel problème ?
Depuis 2002, une nouvelle culture politique s’est développée dans notre pays. Elle consiste à créer les conditions de débats qui ne laissent plus place à la raison. Un climat malsain traduisant une crise profonde que nous traversons. Entre la mondialisation et l’européanisation, la France se doit de résister ou de se plier face à ce qui semble faire plier toutes les autres nations : la compétitivité, la productivité, la marchandisation de pans entiers de besoins des citoyens.
   

Les ultras préparent la guerre contre l’Iran

« Il faut se préparer au pire », a expliqué M. Bernard Kouchner, et le pire, « c’est la guerre ». Cette déclaration du ministre des affaires étrangères à propos de l’Iran a suscité bien des critiques et mis en lumière les inflexions de la nouvelle diplomatie française (lire l’éditorial ci-contre). Elle a surtout confirmé que les Etats-Unis envisageaient très sérieusement une opération militaire contre la République islamique. En fait, malgré toutes les précautions et les circonvolutions sur la nécessité de persévérer dans la voie diplomatique, la Maison Blanche a déjà lancé une escalade contre l’Iran, autorisant des actions « non létales » à l’intérieur de ce pays et aidant des groupes séparatistes, qu’ils soient arabes, kurdes, baloutches ou azéris. Loin de soutenir l’opposition démocratique, cet interventionnisme contraire au droit international a permis aux « durs » du régime de renforcer leurs positions et de harceler les intellectuels et les démocrates. Pourtant, à Téhéran, on pense qu’il est possible d’ouvrir un dialogue avec Washington. Il faudrait, pour cela, accepter de mettre sur la table tous les sujets du contentieux américano-iranien. Et que la Maison Blanche renonce à son objectif de « changement de régime ». Par Selig S. Harrison


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